Psychologue libéral : combien gagne-t-on vraiment en 2026 ?
Combien gagne un psychologue libéral après charges ? Données fiscales, simulations par profil et leviers concrets pour augmenter son revenu net. Chiffres 2026.
A
Audren
Psychologue en libéral à Quimper
Un psychologue libéral gagne en moyenne entre 2 200 et 4 200 euros nets par mois, selon son ancienneté, sa localisation et son volume de consultations [1]. C’est une fourchette large, et c’est précisément le problème : quand on tape « salaire psychologue libéral » sur Google, on tombe sur des chiffres qui vont du simple au triple, sans contexte, sans détail des charges, sans explication sur ce qui fait varier le résultat.
Ce guide pose les chiffres à plat. Chiffre d’affaires réel, cotisations URSSAF et CIPAV, charges de cabinet, impôt : vous saurez exactement ce qu’il reste en fin de mois selon votre profil. Si vous en êtes encore à l’étape des démarches administratives, commencez par notre guide complet pour s’installer psychologue libéral.
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Les chiffres clés du psychologue libéral
La France compte environ 89 800 psychologues inscrits au RPPS en 2025, dont un tiers exercent en libéral ou en activité mixte, soit près de 30 000 praticiens [1]. Le nombre a doublé en dix ans, ce qui signifie que la concurrence s’est intensifiée, mais que la demande a suivi : la santé mentale n’a jamais occupé autant de place dans le débat public.
Voici les données moyennes constatées pour un psychologue libéral en France :
Indicateur
Valeur moyenne
Tarif moyen par séance
60 euros (45 min)
Consultations par semaine (médiane)
12 (temps plein : 18-25)
Chiffre d’affaires annuel moyen
47 000 euros
Taux de charges global
40 à 55 % du CA
Revenu net mensuel (après charges et impôt)
2 200 à 4 200 euros
Ces moyennes masquent des écarts considérables. Un psychologue en première année avec 8 consultations par semaine et un psychologue installé depuis dix ans avec 22 consultations n’ont pas le même quotidien financier. C’est pourquoi la suite de cet article détaille chaque variable.
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Vos charges, ligne par ligne
C’est la partie que la plupart des guides survolent. Pourtant, ce sont les charges qui déterminent votre revenu réel. Voici le détail pour un psychologue en micro-BNC (le régime le plus courant au démarrage).
Cotisations sociales (URSSAF / CIPAV)
Les psychologues libéraux sont affiliés à la CIPAV pour la retraite, mais depuis janvier 2023, c’est l’URSSAF qui collecte l’ensemble des cotisations [2]. En micro-entreprise, le calcul est simple :
Sur un CA de 50 000 euros, les cotisations sociales représentent donc 11 600 euros par an. C’est le premier poste de dépense. Pour les détails du barème et les simulateurs, consultez le site URSSAF[2].
Micro-BNC ou régime réel ?
En micro-BNC, vos charges ne sont pas déductibles : l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 %. Si vos charges réelles dépassent 34 % de votre CA (loyer élevé, formations, supervision), le régime réel (déclaration 2035) peut être plus intéressant. Le plafond de CA en micro-BNC est de 77 700 euros [3].
Charges de fonctionnement
Au-delà des cotisations, votre cabinet a des coûts fixes mensuels :
Poste
Fourchette mensuelle
Loyer cabinet (bail propre)
400 à 1 200 euros
Sous-location (alternative)
200 à 600 euros
Assurance RCP
15 à 35 euros
Logiciel de gestion / agenda
0 à 130 euros
Téléphone / internet pro
20 à 40 euros
Supervision
50 à 150 euros
Formation continue
50 à 100 euros (lissé)
Le loyer est le second poste après les cotisations. C’est aussi le plus variable : un cabinet en centre-ville de Lyon ne coûte pas la même chose qu’une sous-location deux jours par semaine en zone rurale. Pour les outils de gestion, des solutions gratuites et complètes existent et permettent d’économiser 50 à 80 euros par mois dès le démarrage.
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Trois simulations concrètes
Les moyennes ne disent rien de votre situation. Voici trois profils réalistes pour mieux vous situer. Tous les calculs sont en micro-BNC avec 46 semaines travaillées par an.
Profil A : débutant en sous-location
Ligne
Montant annuel
CA (10 séances/sem × 55 € × 46 sem)
25 300 €
Cotisations sociales (23,2 %)
- 5 870 €
Sous-location (400 €/mois)
- 4 800 €
Assurance RCP + divers
- 600 €
Revenu avant impôt
14 030 €
Soit par mois
≈ 1 170 €
C’est serré. Et c’est normal. La première année est une phase d’investissement : la patientèle se construit progressivement. C’est pour cela que beaucoup de psychologues conservent une activité salariée partielle en parallèle.
Profil B : installé depuis 3 ans, rythme de croisière
Ligne
Montant annuel
CA (18 séances/sem × 60 € × 46 sem)
49 680 €
Cotisations sociales (23,2 %)
- 11 526 €
Loyer cabinet (700 €/mois)
- 8 400 €
Assurance + supervision + divers
- 3 000 €
Revenu avant impôt
26 754 €
Soit par mois
≈ 2 230 €
Ce profil correspond à la majorité des psychologues libéraux en activité. Le revenu est correct mais pas mirobolant. C’est à ce stade que les leviers d’optimisation (téléconsultation, réduction des charges outils, augmentation tarifaire) commencent à faire la différence.
Profil C : expérimenté, agenda rempli
Ligne
Montant annuel
CA (22 séances/sem × 70 € × 46 sem)
70 840 €
Cotisations sociales (23,2 %)
- 16 435 €
Loyer cabinet (900 €/mois)
- 10 800 €
Assurance + supervision + formation + divers
- 4 500 €
Revenu avant impôt
39 105 €
Soit par mois
≈ 3 260 €
Ce profil approche du plafond micro-BNC (77 700 €). Au-delà, le passage au régime réel devient obligatoire. Il peut d’ailleurs être anticipé : avec ce niveau de charges, les déductions réelles dépassent probablement l’abattement forfaitaire de 34 %.
Attention au plafond micro-BNC
Si votre CA dépasse 77 700 euros sur deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel [3]. C’est le moment de consulter un comptable ou de rejoindre une AGA (Association de Gestion Agréée) pour optimiser vos déclarations. Pour comprendre vos obligations de facturation selon votre régime, consultez notre guide dédié.
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L’impact de la localisation
On lit souvent qu’un psychologue gagne plus à Paris qu’en province. C’est vrai sur le tarif brut. C’est beaucoup moins net une fois les charges déduites.
Critère
Grande métropole
Ville moyenne / rural
Tarif par séance
65 à 80 €
50 à 60 €
Loyer cabinet
800 à 1 500 €/mois
300 à 700 €/mois
Concurrence
Forte (densité élevée)
Modérée à faible
Temps de remplissage
6 à 12 mois
3 à 9 mois
Revenu net estimé
Comparable
Comparable
La densité nationale est de 107 psychologues pour 100 000 habitants[4], mais cette moyenne cache de gros écarts. L’Île-de-France et les grandes villes universitaires sont saturées, tandis que certaines zones rurales ou périurbaines manquent de praticiens.
Le vrai avantage des grandes villes n’est pas le tarif : c’est le bassin de population. Un psychologue spécialisé (périnatalité, addictions, EMDR) trouvera plus facilement sa niche à Lyon ou Bordeaux que dans une commune de 5 000 habitants. En revanche, un généraliste s’installant dans une zone sous-dotée remplira son agenda plus vite et avec un loyer deux à trois fois inférieur.
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L’évolution des revenus dans le temps
Contrairement au salariat, le revenu en libéral n’est pas linéaire. Il suit une courbe avec un creux initial, puis une montée progressive.
Ancienneté
Revenu net mensuel
Ce qui change
Année 1
1 200 à 1 800 €
Constitution de la patientèle, 8-12 consultations/semaine
Années 2-3
2 000 à 2 800 €
Bouche-à-oreille, agenda qui se remplit, premiers suivis réguliers
Années 4-7
2 800 à 3 500 €
Patientèle stable, possibilité d’augmenter le tarif, spécialisation
8 ans et plus
3 500 à 4 200 €
Liste d’attente, tarif élevé justifié par la réputation, choix des patients
La bascule se fait généralement entre la deuxième et la troisième année. C’est le moment où le bouche-à-oreille prend le relais de vos efforts actifs de prospection, et où les suivis réguliers (patients en thérapie longue) stabilisent votre agenda [5].
C’est aussi à ce stade que la prise de rendez-vous en ligne fait la plus grande différence : les nouveaux patients vous trouvent seuls, sans que vous ayez à y consacrer du temps. Un outil bien référencé avec une fiche Google Business optimisée accélère sensiblement cette transition.
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Libéral vs salarié : le vrai comparatif
La question revient dans toutes les conversations entre psychologues. Elle mérite une réponse honnête, qui ne se limite pas aux chiffres bruts.
Critère
Salarié (hospitalier / médico-social)
Libéral
Revenu débutant
1 800 € nets
1 200 à 1 800 € nets
Revenu après 10 ans
2 500 à 3 000 €
3 500 à 4 200 €
Sécurité de l’emploi
Forte (CDI, fonction publique)
Aucune
Congés payés
Oui (25 jours + RTT)
Non (pas de revenu pendant les congés)
Protection sociale
Complète (mutuelle employeur, prévoyance)
Minimale (CIPAV, pas de chômage)
Liberté d’organisation
Limitée
Totale
Le libéral rattrape et dépasse le salarié en revenu brut après quelques années. Mais attention : ce comparatif ne tient pas compte de la valeur des congés payés (un mois de « salaire » offert), de la cotisation chômage, ni de la prévoyance employeur. Si vous ajoutez ces éléments, l’écart réel se réduit.
Ce qui fait basculer la plupart des psychologues vers le libéral, ce n’est pas l’argent. C’est l’autonomie : choisir ses horaires, ses patients, son approche thérapeutique, son cadre de travail. C’est un confort qui ne se chiffre pas, mais qui pèse lourd dans la balance.
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Les leviers pour augmenter son revenu net
Vous ne pouvez pas travailler indéfiniment plus d’heures par semaine (et vous ne devriez pas). Les leviers efficaces agissent soit sur le tarif, soit sur les charges, soit sur le taux de remplissage.
Réduire les charges
Sous-location plutôt que bail propre.
Économie moyenne : 300 à 600 euros par mois. Au démarrage, c’est le levier le plus immédiat.
Outils gratuits pour la gestion du cabinet.
Agenda, facturation, rappels, fiche publique : tout cela peut être géré sans abonnement. C’est 50 à 150 euros par mois que vous ne dépensez pas.
Téléconsultation pour une partie de l’agenda.
Proposer des créneaux en visio un ou deux jours par semaine réduit votre besoin en surface de cabinet. Avec un outil de téléconsultation gratuit, le coût supplémentaire est nul.
Augmenter le taux de remplissage
Réduire les rendez-vous non honorés.
Les rappels automatiques (email et SMS) réduisent les absences de 30 à 40 % [6]. Sur 20 consultations hebdomadaires, passer de 3 no-shows à 1 représente 120 euros de CA récupéré par semaine, soit 5 500 euros par an. Consultez notre guide sur la réduction des no-shows.
Prise de rendez-vous en ligne.
Les créneaux laissés vacants par des annulations se remplissent automatiquement si votre agenda est accessible en ligne. C’est du CA que vous récupérez sans intervention manuelle.
Valoriser son tarif
Augmenter son tarif est le levier le plus efficace sur le revenu net, mais aussi le plus délicat. Quelques principes :
•Ne pas attendre d’être au maximum de votre capacité pour augmenter. Si vous avez une liste d’attente, votre tarif est probablement trop bas.
•Communiquer le changement à vos patients existants avec un préavis d’un à deux mois.
•Une augmentation de 5 euros par séance, sur 18 consultations hebdomadaires et 46 semaines, représente 4 140 euros de CA supplémentaire par an.
La limite des 22-25 consultations par semaine
Au-delà de 4 à 5 consultations par jour, la qualité de votre écoute et de votre travail clinique se dégrade. Plusieurs études sur l’épuisement professionnel des psychothérapeutes convergent sur ce point. Augmenter son volume au-delà de ce seuil est contre-productif : les erreurs cliniques augmentent, le turnover patient aussi. Protéger votre santé, c’est protéger votre revenu à long terme.
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Les erreurs qui coûtent cher
Sous-estimer les charges sociales
23,2 % du CA, c’est un quart de votre chiffre d’affaires. Beaucoup de psychologues débutants calculent leur revenu en soustrayant uniquement le loyer et l’assurance. Le réveil est brutal quand les appels de cotisation URSSAF arrivent.
Fixer un tarif trop bas pour « attirer des patients »
Un tarif bas ne remplit pas un agenda vide. Les patients choisissent un psychologue sur la base de sa spécialité, de sa localisation et de sa disponibilité. Baisser votre tarif à 40 euros au lieu de 60 ne double pas votre patientèle, cela divise votre revenu net par deux.
Ne pas provisionner pour les congés
Pas de congés payés en libéral. Cinq semaines de vacances, c’est cinq semaines sans revenus. Mettez de côté 10 à 12 % de votre CA chaque mois pour constituer votre « caisse de congés ». C’est un réflexe qui évite les fins de mois difficiles en août et en décembre.
Oublier de se couvrir (prévoyance, retraite)
La protection sociale du libéral est minimale. Pas de mutuelle employeur, pas d’indemnités chômage, une retraite CIPAV qui ne garantit pas un niveau de vie confortable. Prévoyez au minimum une mutuelle santé (obligatoire) et une prévoyance complémentaire en cas d’arrêt de travail prolongé.
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Questions fréquentes
Quel est le salaire moyen d'un psychologue libéral en France ?
Le revenu net moyen d’un psychologue libéral se situe entre 2 200 et 4 200 euros par mois selon l’ancienneté, le volume de consultations et la localisation. Un débutant tourne autour de 1 600 à 2 200 euros nets mensuels, tandis qu’un praticien installé depuis plus de dix ans peut atteindre 3 500 à 4 200 euros nets.
Combien de consultations par semaine faut-il pour vivre du libéral ?
La médiane nationale est d’environ 12 consultations par semaine. Pour un revenu net confortable (autour de 3 000 euros mensuels), il faut viser 18 à 20 consultations hebdomadaires à 60 euros la séance, sur 46 semaines travaillées. En dessous de 10 consultations par semaine, il est difficile de couvrir ses charges fixes.
Quelles sont les charges d'un psychologue libéral en micro-BNC ?
En micro-entreprise, le taux de cotisations sociales URSSAF/CIPAV est de 23,2 % du chiffre d’affaires. Avec le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, ce taux monte à 25,4 %. L’abattement forfaitaire de 34 % s’applique pour le calcul de l’impôt si vous n’optez pas pour le versement libératoire. Le plafond de CA est de 77 700 euros.
Combien gagne un psychologue libéral débutant ?
Un psychologue libéral en première année génère en moyenne 40 000 euros de chiffre d’affaires annuel, soit environ 20 000 euros de bénéfice net après charges. Cela représente un revenu mensuel d’environ 1 600 euros. Ce montant augmente progressivement à mesure que la patientèle se constitue, généralement sur 2 à 3 ans.
Un psychologue libéral gagne-t-il plus à Paris qu'en province ?
Les tarifs sont plus élevés en Île-de-France (65 à 80 euros la séance contre 50 à 60 euros en province), mais le loyer de cabinet y est trois à cinq fois supérieur. Au final, le revenu net est souvent comparable. L’avantage parisien se joue surtout sur la densité de demande, qui permet de remplir son agenda plus rapidement.
Psychologue libéral ou salarié : qui gagne le plus ?
En début de carrière, le salarié est mieux loti : un psychologue hospitalier commence autour de 1 800 euros nets avec la sécurité de l’emploi. En libéral, les premiers mois sont souvent difficiles. Après 5 à 10 ans, le libéral prend l’avantage : un praticien bien installé peut dépasser 3 500 euros nets, là où le salarié plafonne entre 2 500 et 3 000 euros selon la grille.
Comment réduire ses charges en tant que psychologue libéral ?
Les trois leviers principaux sont : la sous-location de cabinet (500 à 800 euros contre 1 000 à 1 500 en bail propre), la téléconsultation partielle (qui réduit le besoin en surface), et l’utilisation d’outils gratuits pour la gestion du cabinet (agenda, facturation, rappels). À eux trois, ces leviers peuvent économiser 300 à 600 euros par mois.
Faut-il un comptable quand on est psychologue libéral en micro-BNC ?
En micro-BNC, la comptabilité est simplifiée : un livre de recettes et un registre des achats suffisent. Un comptable n’est pas obligatoire. En revanche, dès que vous approchez le plafond de 77 700 euros de CA ou que vous envisagez le régime réel (déclaration 2035), un comptable ou une AGA devient rentable pour optimiser vos charges déductibles.