Annuaire psy en ligne : pourquoi la vérification des titres change tout
La majorité des plateformes de prise de rendez-vous mélangent psychologues diplômés et praticiens non réglementés. Comment protéger votre titre et votre crédibilité en choisissant le bon annuaire.
A
Audren
Psychologue en libéral à Quimper
En France, 89 800 psychologues sont inscrits au RPPS[1]. À côté d’eux, un nombre difficile à estimer de psychopraticiens, thérapeutes et coachs en tout genre exercent sous des titres non réglementés, sans diplôme d’État ni contrôle public. Le problème : sur la plupart des plateformes de rendez-vous en ligne, ces profils cohabitent dans le même annuaire, parfois dans la même catégorie. Pour le patient, la distinction est invisible. Pour vous, psychologue diplômé, c’est votre crédibilité qui est en jeu.
Ce guide fait le point sur le cadre légal des titres protégés, les dérives constatées sur les plateformes existantes, et les critères concrets pour choisir un annuaire qui respecte votre profession.
Vérifiez un psychologue en quelques secondes
Vous souhaitez vérifier qu’un praticien est bien inscrit au RPPS ? Utilisez notre outil de vérification gratuit, qui interroge directement l’Annuaire Santé officiel.
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Titres protégés vs appellations libres : le cadre légal
En France, le titre de psychologue est protégé par la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 [2]. Seules les personnes titulaires d’un Master 2 en psychologie (ou du diplôme de l’École de Psychologues Praticiens) peuvent l’utiliser. L’usurpation est un délit pénal prévu par l’article 433-17 du Code pénal, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Le titre de psychothérapeute est lui aussi réglementé depuis le décret du 20 mai 2010. Il nécessite une inscription au registre national tenu par les Agences Régionales de Santé (ARS), après validation d’un parcours universitaire et d’une formation en psychopathologie clinique [3].
En face, une galaxie de titres qui ne sont soumis à aucun contrôle :
Titre protégé
Titre NON protégé
Psychologue (Master 2 + RPPS)
Psychopraticien
Psychothérapeute (registre ARS)
Thérapeute
Psychiatre (doctorat en médecine)
Coach en développement personnel
Magnétiseur, énergéticien
Praticien en PNL, hypnopraticien
La colonne de droite a un point commun : n’importe qui peut s’en prévaloir demain matin, sans diplôme, sans inscription, sans contrôle. Et c’est parfaitement légal. Le problème n’est pas leur existence, c’est qu’on les retrouve dans les mêmes annuaires que vous.
Le RPPS remplace ADELI depuis juin 2024
Votre numéro RPPS est unique, pérenne, et vérifiable sur annuaire.sante.fr[4]. Contrairement à l’ancien numéro ADELI, il ne change plus quand vous déménagez de département.
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Ce que font (et ne font pas) les grandes plateformes
Le modèle économique des grandes plateformes de rendez-vous repose sur le volume. Plus il y a de praticiens inscrits, plus il y a d’abonnements mensuels. Cette logique pousse naturellement à ouvrir l’annuaire le plus largement possible.
Le cas Doctolib
En 2022, Doctolib a fait l’objet d’une polémique médiatique : des naturopathes y faisaient la promotion de pratiques alternatives présentées comme des alternatives à la médecine conventionnelle [5]. La plateforme a réagi en retirant 5 700 praticiens non conventionnels (magnétiseurs, naturopathes, sophrologues) entre fin 2022 et mars 2023.
Un pas dans la bonne direction. Mais le ménage reste partiel. On trouve encore sur les grandes plateformes des psychopraticiens et des « thérapeutes » listés dans des catégories proches de celles des psychologues. La mention « profession non réglementée » existe parfois, mais elle est discrète, souvent en petit caractère sous le nom du praticien. Un patient pressé ne la voit pas.
Le problème structurel
Même quand une plateforme distingue les professions réglementées des autres, le moteur de recherche mélange les résultats. Un patient qui tape « psy » ou « thérapie » voit apparaître côte à côte des psychologues diplômés et des praticiens sans qualification reconnue. Le résultat est le même : la confusion.
Certaines plateformes plus petites n’ont tout simplement aucun filtre. Un formulaire d’inscription, un paiement mensuel, et vous êtes listé. Psychologue ou « praticien en libération émotionnelle », même vitrine.
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Les risques concrets pour votre cabinet
Être référencé sur une plateforme qui mélange les titres n’est pas juste un désagrément. C’est un problème professionnel avec des conséquences mesurables.
La dilution de crédibilité
Vos cinq années d’études universitaires, vos stages, votre mémoire de recherche : tout cela est invisible quand votre profil apparaît entre un « thérapeute holistique » et un « coach de vie ». Le patient ne comprend pas pourquoi votre consultation coûte 60 euros quand le praticien d’à côté propose la même chose pour 40, sans diplôme et sans charges de formation à amortir.
La concurrence déloyale sur les tarifs
Les praticiens non réglementés n’ont pas investi cinq ans en université. Ils n’ont pas de numéro RPPS à maintenir, pas de formation continue obligatoire à financer. Leurs charges de démarrage sont plus faibles, ce qui leur permet de pratiquer des tarifs inférieurs. Sur un annuaire qui ne distingue pas les qualifications, le patient compare uniquement les prix.
Le risque pour vos patients
Au-delà de votre activité, il y a un enjeu de santé publique. Un patient en souffrance psychique qui consulte un praticien non formé au cadre thérapeutique peut voir sa situation se dégrader. En tant que psychologue, vous savez que le cadre de la consultation compte autant que la technique. La formation universitaire en psychopathologie n’est pas un luxe : c’est ce qui permet de repérer les signaux d’alerte, de poser un diagnostic différentiel, de savoir quand orienter vers un psychiatre.
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Dérives thérapeutiques : les chiffres qui alertent
Le rapport d’activité 2022-2024 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) confirme l’ampleur du problème. La santé et le bien-être représentent 37 % de l’ensemble des signalements, en tête de toutes les thématiques [6].
Les chiffres sont en hausse constante : le nombre de signalements a doublé depuis 2015, atteignant 4 571 saisines en 2024[6]. La Miviludes pointe une « banalisation des pratiques non conventionnelles de soin », y compris dans des établissements de santé publics où l’on retrouve des séances de Reiki, de magnétisme ou de « bols tibétains ».
Loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires
De nouvelles infractions pénales ont été créées : provocation à l’abandon de soins et incitation à adopter des pratiques exposant à un risque grave pour la santé, punies d’un an d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende [7]. Le législateur reconnaît que le problème est devenu suffisamment grave pour justifier un renforcement de l’arsenal pénal.
Pour les psychologues, ces dérives ont un effet indirect mais réel. Chaque affaire médiatisée de « thérapeute » sans qualification impliqué dans une dérive sectaire ou un préjudice pour un patient entame la confiance du public envers l’ensemble des professionnels de la santé mentale. Être associé, même visuellement dans un annuaire, à des praticiens dont les méthodes n’ont « aucun fondement scientifique » (selon les termes de la Miviludes) n’est pas anodin.
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Le RPPS : votre meilleur allié pour prouver votre légitimité
Depuis le 3 juin 2024, tous les psychologues sont enregistrés au RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé), qui remplace l’ancien répertoire ADELI [4]. Ce changement est une avancée majeure.
Ce que le RPPS change concrètement
Un numéro unique et pérenne.
Contrairement au numéro ADELI qui changeait à chaque déménagement de département, votre numéro RPPS vous suit toute votre carrière.
Un référentiel opposable.
Les données proviennent directement des ARS et des autorités d’enregistrement. Elles sont fiables et vérifiables par n’importe qui sur annuaire.sante.fr.
Une identité numérique.
Le RPPS ouvre l’accès à des services numériques de santé (messagerie sécurisée, e-prescriptions) réservés aux professionnels vérifiés.
Le RPPS est la preuve objective que vous êtes ce que vous dites être. C’est aussi un critère simple qu’une plateforme peut utiliser pour filtrer les inscriptions : pas de numéro RPPS valide, pas de fiche dans l’annuaire. Toute plateforme qui refuse d’appliquer ce filtre fait un choix délibéré.
Comment choisir un annuaire qui protège votre titre
Tous les annuaires de psychologues ne se valent pas. Voici les critères à évaluer avant de référencer votre cabinet sur une plateforme.
1. Vérification du RPPS à l’inscription
C’est le critère le plus simple et le plus fiable. La plateforme demande-t-elle votre numéro RPPS lors de l’inscription ? Le vérifie-t-elle auprès du répertoire officiel ? Si la réponse est non, passez votre chemin. Un annuaire sérieux rend cette vérification bloquante : sans numéro valide, pas de profil public.
2. Séparation stricte des professions
Regardez l’annuaire public de la plateforme. Les psychologues sont-ils dans la même catégorie que les psychopraticiens, les coachs ou les magnétiseurs ? Si oui, la plateforme ne distingue pas les qualifications. Même avec un badge « vérifié » sur votre profil, le mélange des résultats de recherche suffit à créer la confusion chez les patients.
3. Affichage visible du titre et du numéro RPPS
Votre qualification doit être lisible en un coup d’oeil sur votre fiche. Le numéro RPPS doit être affiché, vérifiable. C’est un signal de confiance pour les patients et un élément de différenciation que les praticiens non réglementés ne peuvent pas reproduire. Si la plateforme ne permet pas d’afficher ces informations, elle nivelle par le bas.
4. Politique claire sur les professions acceptées
Demandez à la plateforme quelles professions elle accepte. Un annuaire réservé aux professions réglementées de la santé mentale (psychologues, psychothérapeutes, psychiatres) envoie un message clair aux patients : chaque praticien listé ici a été vérifié. C’est aussi un argument SEO pour votre visibilité en ligne : les annuaires spécialisés et fiables gagnent en autorité auprès de Google.
Comment Deiz gère la vérification
Sur Deiz, chaque praticien inscrit voit son numéro RPPS vérifié automatiquement. Seuls les psychologues et professionnels dont le titre est confirmé par le répertoire officiel apparaissent dans l’annuaire. Côté client, ils peuvent identifier immédiatement si le titre a été vérifié. Le cas contraire, une signalétique explicite indique que le titre n’a pas été vérifié.
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Checklist : évaluer une plateforme en 5 minutes
Avant de vous inscrire sur une plateforme de rendez-vous, passez-la au crible de ces questions. Cinq minutes suffisent pour repérer les signaux d’alerte.
Question
Bon signe
Alerte
Le RPPS est-il demandé à l’inscription ?
Obligatoire et vérifié
Optionnel ou absent
Y a-t-il des psychopraticiens dans l’annuaire ?
Non, professions réglementées uniquement
Oui, mélangés aux psychologues
Le titre « Psychologue » est-il affiché clairement ?
Avec numéro RPPS visible
Noyé parmi d’autres appellations
Les résultats de recherche séparent-ils les professions ?
Filtres par qualification
Tout mélangé
La plateforme communique-t-elle sur sa politique de vérification ?
Page dédiée, processus transparent
Aucune information
Si vous cochez trois alertes ou plus, cette plateforme ne protège pas votre titre. Vous méritez mieux qu’un annuaire qui traite votre Master 2 et une formation de week-end de la même façon.
Et au-delà de la plateforme, pensez à optimiser l’ensemble de votre présence en ligne. Votre stratégie pour trouver des patients ne devrait pas reposer sur un seul canal, surtout s’il ne respecte pas votre qualification.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un psychologue et un psychopraticien ?
Le psychologue détient un Master 2 en psychologie (Bac+5), un titre protégé par la loi de 1985 et un numéro RPPS délivré par l’ARS. Le psychopraticien utilise un titre non réglementé : aucun diplôme d’État n’est requis, aucune inscription au RPPS, et la formation relève d’organismes privés sans contrôle public. L’usurpation du titre de psychologue est un délit pénal passible d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Comment vérifier qu'un psychologue est bien diplômé ?
Depuis juin 2024, tous les psychologues sont inscrits au RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé). Vous pouvez vérifier un numéro RPPS sur annuaire.sante.fr, le portail officiel de l’Agence du Numérique en Santé. Si un praticien ne figure pas dans ce répertoire, il n’est pas autorisé à porter le titre de psychologue.
Pourquoi les plateformes de rendez-vous acceptent-elles des praticiens non réglementés ?
Le modèle économique des grandes plateformes repose sur le volume d’abonnés. Chaque praticien inscrit génère un abonnement mensuel, ce qui incite à ouvrir l’annuaire le plus largement possible. Certaines plateformes ont commencé à faire le tri (Doctolib a retiré 5 700 praticiens non conventionnels en 2023), mais la distinction entre titres protégés et appellations libres reste souvent floue pour les patients.
Le titre de psychothérapeute est-il aussi protégé ?
Oui, depuis le décret du 20 mai 2010. Le titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes, tenu par les ARS. Il faut justifier d’une formation en psychopathologie clinique et d’un parcours universitaire. Cette protection est distincte de celle du titre de psychologue, mais les deux sont vérifiables auprès de l’ARS.
Quels sont les risques pour un psychologue d'être listé à côté de praticiens non diplômés ?
Le risque principal est la dilution de crédibilité. Quand un patient cherche un psychologue et tombe sur un mélange de profils diplômés et non diplômés, il perd confiance dans l’ensemble de l’annuaire. Pour le psychologue, cela banalise cinq années d’études universitaires et peut même générer une concurrence déloyale sur les tarifs, les praticiens non réglementés n’ayant pas les mêmes charges de formation.
Que dit la loi de mai 2024 sur les dérives en santé mentale ?
La loi n°2024-420 du 10 mai 2024 crée de nouvelles infractions pénales : la provocation à l’abandon de soins et l’incitation à adopter des pratiques exposant à un risque grave pour la santé. Elle renforce aussi la protection des mineurs en étendant les délais de prescription. Cette loi répond directement à l’augmentation des signalements de dérives thérapeutiques, en hausse constante depuis 2015.
Comment Deiz vérifie-t-il les titres des psychologues ?
Deiz vérifie le numéro RPPS de chaque praticien lors de son inscription. Seuls les professionnels dont le titre est confirmé par le répertoire officiel apparaissent dans l’annuaire public. Cette vérification est automatique et bloquante : sans numéro RPPS valide, pas de fiche publique. Cela garantit aux patients que chaque profil listé correspond à un psychologue réellement diplômé.